Le meilleur de l'athlé, sport olympique n°1 !!
Date de naissance : 2 novembre 1959
Si, aujourd'hui, les Marocains sont incollables sur le demi-fond, c'est grâce au génie d'un homme : Saïd Aouita, « l'homme aux cinq records », maître incontesté dans les années quatre-vingt de tout le demi-fond, du 800 m au 5 000 m. Natif de Kénitra, le jeune Saïd voulait devenir footballeur. Sa rencontre avec Aziz Daouda, actuel directeur technique de l'équipe nationale d'athlétisme, en a décidé autrement. Grâce aux efforts de son mentor (à l'époque journaliste sportif), ainsi qu'à quelques âmes généreuses, Aouita, 18 ans, bénéficie d'une (maigre) bourse pour aller courir sur les routes de France. C'était au début des années quatre-vingt. Au terme de trois ans d'entraînement intensif, Aouita, doté d'une impressionnante rage de vaincre, est sélectionné aux premiers championnats du monde d'athlétisme, à Helsinki. Il arrive 3e, derrière la star de l'époque, Steve Cram. Un an plus tard, Los Angeles abrite les jeux Olympiques. Alors qu'on l'attend sur le 1500 m, il surprend tout le monde en s'alignant sur le 5000m, défi insensé puisque les deux distances nécessitent des types de préparation complètement différents. Or non seulement Aouita gagne, mais il prend un tour au britannique Dave Moorcroft, recordman du monde de la distance. Mieux : si l'inexpérimenté coureur n'avait pas ralenti sur les derniers mètres pour envoyer des baisers à la foule, il aurait pu pulvériser le record du monde ! Les Marocains exultent, baptisent une ligne de train-navette rapide « Aouita », tandis que la presse sportive mondiale se déchaîne. On s'extasie devant son incroyable capacité de récupération, on s'interroge sur son rythme cardiaque d'extraterrestre, on admire sa technique de course féline...
L'année 1985 est celle de tous les exploits. Il confirme sa performance des jeux Olympiques en battant coup sur coup les deux records du monde du 1500 m et du 5000m... Cette année-là, il reçoit la plus prestigieuse distinction de l'athlétisme mondial, le trophée Jesse-Owens.
En 1987, sa suprématie est incontestée, mais il commence à se laisser aller. L'ayant compris, il fait de nouveau appel à Daouda, avec lequel il s'était brouillé depuis deux ans. Un programme d'entraînement intensif, et c'est le miracle : à l'issue d'une course historique, à Rome, Aouita bat son propre record du 5000 m. En 12'58''39, il est le premier homme à descendre sous la barre des 13 minutes. L'image du champion à genoux, remerciant Dieu, fait le tour de la planète. La même année, il fait tomber le record du 2000 m. Les médias portent aux nues ce surdoué qui anime des conférences de presse en cinq langues.
Lors des jeux Olympiques de Séoul, en 1988, il prévoit de s'aligner sur trois courses : le 800, le 1500 et le 5000 mètres, dont les deux dernières le même jour ! Mal préparé, n'écoutant plus son entraîneur, il échoue sur 800 m et arrive 3e. Le moral brisé, il déclare forfait sur les deux autres distances, et assiste, depuis les tribunes, à la médaille d'or au 10000 m d'un jeune Marocain qui débute, Brahim Boutayeb.
Face à l'émergence d'une « école marocaine » qui produit des champions internationaux à la chaîne, on dit Aouita fini. C'est mal le connaître : en 1989, comme dans un dernier sursaut, il bat un nouveau record du monde, celui du 3000 m. Mais un nouveau venu, de dix ans son cadet, commence à faire parler de lui, l'Algérien Noureddine Morcelli. En 1991, après s'être évités pendant deux ans, les deux hommes s'affrontent. Nous sommes à Tokyo, aux championnats du monde d'athlétisme. Quand le monstre sacré se sent dépassé par son jeune disciple, il ralentit le pas et finit bon dernier. Morcelli est champion du monde. Pourtant, les caméras le délaissent pour se concentrer sur Aouita, qui rejoint tristement les vestiaires. Cette course sera sa dernière.
Depuis, le champion déchu s'est éclipsé. Nommé DTN (directeur technique national) du Maroc en 1993, il échoue au bout d'un an. Aux dernières nouvelles, il a essayé de se faire élire député à Casablanca en 1997, sans succès. C'était la défaite de trop. Aouita est installé aujourd'hui en Floride et vit sur ses (solides) économies.
Palmarès :
3 CM 3'42"02 1500m Helsinki (1983)
1 JO 13'05"59 5000m Los Angeles (1984)
1 CM 13'26"44 5000m Rome (1987)
3 JO 1'44"06 800m Seoul (1988)
1 CM Indoor 7'47"94 3000m Budapest (1989)
Rome 1987
Séoul 1988
18/02/2006 : Les autorités sportives australiennes vont ouvrir une enquête sur une affaire de dopage à laquelle est mêlée le Marocain Saïd Aouita, un temps entraîneur en Australie, après les révélations d'une de ses anciennes athlètes, révèle le Herald Sun de Melbourne. Interrogée par le quotidien australien, Melissa Rollison, spécialiste australienne du steeple-chase, affirme que le champion olympique du 5000 m des Jeux de Los Angeles, en 1984, lui avait conseillé de prendre de l'hormone de croissance. "Il nous en parlait tous les jours, explique-t-elle. Il fallait aller aux Etats-Unis, car là-bas c'était plus facile de se procurer de l'hormone de croissance. Je lui ai dit dès le départ que je n'étais pas intéressée, mais il m'a dit: "tout le monde en prend, alors pourquoi tu ne veux pas le faire aussi?". Je lui ai répondu que je voulais être propre mais il a ensuite essayé de me convaincre que ce n'étais pas illégal." Pendant deux ans, jusqu'en 2004, Saïd Aouita a été responsable du fond sur l'île-continent. Aouita a récemment été nommé conseiller de l'Académie d'excellence des Sports du Qatar, basée à Doha.

03/09/08 : La Fédération marocaine d'athlétisme a nommé Saïd Aouita directeur technique national. L'instance souhaite ainsi : «insuffler une nouvelle dynamique à l'athlétisme national». Cette nomination intervient après les mauvais résultats des athlètes marocains aux Jeux Olympiques puisque seuls le marathonien Jawad Gharib (argent) et Hasna Benhassi (bronze au 800 m femmes) ont tiré leur épingle du jeu. Le champion olympique du 5.000 m en 1984 et du monde en 1987, sera notamment chargé : «d'améliorer les performances des athlètes marocains susceptibles d'aboutir au statut de médaillés internationaux».
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