Date de naissance : 13 mars 1979

Le recordman de Belgique du 400 m est une vraie personnalité. Sa réputation de fêtard masque celle, plus vraie, de bosseur impénitent. Les spécialistes sont unanimes. En athlétisme, pour réussir sur 400 mètres, il faut avoir un esprit maso, voire des tendances suicidaires. Etre prêt à souffrir le martyre pendant un sprint prolongé qui dure le temps d'un tour de piste, quitte à mourir (un peu) dans la dernière ligne droite. Numéro 1 belge de cette spécialité, Cédric Van Branteghem n'a pourtant rien de sombre en lui. Il serait même plutôt « solaire », extraverti, sans complexe et sans souci, un véritable épicurien du tartan en quelque sorte. Je suis d'ailleurs catalogué comme fêtard, une réputation que j'avoue avoir entretenue un peu par jeu avec les médias, dit-il. C'est vrai que j'aime bien m'amuser avec mes copains une fois que la compétition est terminée. J'ai besoin de ça pour décompresser. Mais à côté de ça, je cours tout de même le 400 m en 45.02...
Tout Van Branteghem est résumé dans ces quelques phrases. Car, s'il croque la vie à pleines dents, s'il peut faire des folies pour de belles fringues – Mais sans être décadent, hein ! – s'il a des amitiés indélébiles qui lui font faire le tour du monde – A l'automne, je suis allé retrouver des amis d'enfance impliqués dans un projet de coopération au Guatemala –, est également un sacré bosseur qui, en un peu moins de deux ans, a réussi à faire son trou sur le circuit international. Le vrai moment clé de ma carrière, c'est mon record de Belgique et ma place de demi-finaliste aux championnats d'Europe en salle de Vienne, en 2002, affirme-t-il. Cela m'a donné énormément de confiance en mes moyens, m'a fait comprendre que j'étais fait pour la compétition. Cela s'est confirmé quelques mois plus tard, lorsque j'ai atteint la finale du 400 m à l'Euro de Munich – où il allait finir 6e. C'est cet esprit de battant impénitent qui l'a rapidement fait renoncer aux deux premières disciplines sportives auxquelles il s'était frotté, à savoir l'aviron et le hockey sur gazon. La première, il l'avoue, s'est éteinte faute de combattants au sortir de ses études secondaires ; quant à la deuxième, il y a renoncé à la fin de son adolescence quand il a constaté que ses équipiers préféraient arpenter le club-house plutôt que les terrains en synthétique. L'athlétisme s'est imposé logiquement. Mon père en avait fait quand il était jeune, avant de se blesser, et cela m'a sans doute influencé. J'ai débuté à 12 ans, mais c'est cinq ans plus tard, quand j'ai opté pour le 400 m – tout en continuant à courir le 200 m, que j'aime beaucoup parce que cela me permet d'entretenir ma vitesse – que je m'y suis mis sérieusement. Depuis, le premier sport olympique est aussi devenu celui qui règle la vie de la famille Van Branteghem. Deux des trois sœurs de Cédric, Gaëlle et Annaïk, s'y sont mises avec bonheur, tandis que son père, Jacques, devenu entre-temps administrateur de la Ligue flamande (VAL), supervise l'encadrement de son rejeton, qu'il accompagne à chacune de ses compétitions. Sa maman, Brigitte, court, elle aussi, régulièrement. Il n'y a que Magali, la plus grande de ses frangines, qui, en pratiquant la danse, lui fait une infidélité. Aussi loin que je remonte, l'athlétisme m'a toujours passionné, explique Van Branteghem. Même si je n'avais que 5 ans à l'époque, je vois encore très bien Carl Lewis remporter ses quatre médailles d'or à Los Angeles. Je me rappelle aussi avoir pleuré, quatre ans plus tard, quand il s'est fait battre par Ben Johnson à Séoul, même si... Quant aux Jeux, ils ont guidé ma vie. Y aller a toujours été mon but ultime. D'ailleurs, j'y étais déjà en 1996, à Atlanta. Dans les tribunes, avec mes parents ! Son rêve, façonné en compagnie de son entraîneur Patrick Himschoot, a pris une tournure définitive en 2003, lorsqu'il a terminé 6e de sa demi-finale du 400 m aux Mondiaux de Paris puis, quand quelques jours plus tard, lors du Mémorial Van Damme, il s'est emparé du record de Belgique de sa spécialité que détenait Fons Brydenbach depuis 1976 et dont on lui parlait de manière obsessionnelle depuis plusieurs mois. J'avais vu Fons quelques jours avant le meeting et il m'avait conseillé de foncer, m'assurant que le public allait forcément m'aider pour terminer ma course. J'ai suivi son conseil dans un stade en folie et ce que j'ai vécu ce jour-là est énorme, inexplicable. Vainqueur en 45.02, nouveau record national à la clé, il a su repousser un peu plus ses limites.
Aux Jeux d'Athènes, il est éliminé en demi-finale (huitième en 46"03).
Helsinki 2005 :
400m
5e série 2 en 46"42 - non qualifié
Göteborg 2006 :
400m
3e série 3 en 45"95 - Q
1/2 2 : DNF

400m
3e série 7 en 45''64 - Q
8e demi-finale 3 en 45''81
4x400m
3e série 1 en 3:00.67 - Q - RN
5e finale en 2:59.37 - RN

400m
6e série 1 en 45"94 - éliminé
4x400m
1ers série 1 en 3:02.13 - Q // 4emes finale en 3:01.88