Konstandinos Kenteris - Grèce - 200m

Konstandinos Kenteris est né le 11 juillet 1973. Inconnu à son arrivée aux JO de Sydney, il réussit, sans référence chronométrique de niveau mondial, à chiper l'or du 200 m au nez et à la barbe de sprinteurs confirmés, comme le Trinidadien Ato Boldon. Il est vrai que les Américains Michael Johnson, recordman du monde, et Maurice Greene, champion du monde, étaient absents.

 

Né sur l'île de Mytilène (plus connue sous le nom de Lesbos), Kenteris ne compte à son palmarès qu'une sixième place sur 200 m aux Mondiaux juniors 1992. Entraîné par Hristos Tzetos, le mentor d'Ekaterini Thanou, médaillée d'argent du 100 m à Sydney, il accumule les blessures. Cela parce qu'il a une jambe plus courte que l'autre. Qualifié pour les Jeux de Sydney, ce professeur d'éducation physique aux mensurations communes (1,80 m pour 78 kg) se présente serein : "Je n'avais rien de moins que les autres. Je n'avais donc peur de personne." Avec une telle confiance, il devient le premier athlète grec à gagner l'or olympique depuis 1912 et un certain Constantin Tsiklitiras, lauréat du saut en longueur... sans élan. Elu sportif des Balkans de l'année 2000, Konstantinos Kenteris confirme son rôle de favori aux Mondiaux d'Edmonton en 2001. Profitant encore des forfaits de Greene et de Boldon, champion du monde en 1997, il domine l'épreuve et s'impose devant le Jamaïcain Christopher Williams et l'Américain Shawn Crawford. Refusant les participations aux lucratives réunions de la Golden League pour n'apparaître qu'en Grèce, ou lors des courses à médailles, le Grec est encore fidèle au rendez-vous des Championnats d'Europe 2002 à Munich. Cette régularité déclenche les soupçons, d'autant que Kenteris ne parle quasiment jamais à la presse internationale, dont une partie met en doute ses performances fantastiques. "Kostas a déjà été contrôlé six fois cette année", répond simplement son entraîneur. Seul accroc dans cette suite de sacres (olympique, mondial et européen), Kenteris ne peut défendre son titre mondial en 2003, en raison de douleurs aux adducteurs. Rendez-vous est alors pris chez lui pour SES jeux Olympiques, à Athènes en 2004. Accusé d'avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage quelques semaines avant l'échéance olympique, il est inculpé, tout comme sa compatriote Ekaterini Thanou, médaille d'argent à Sydney sur 100 m. Ils devaient tous les deux être soumis à un contrôle antidopage inopiné. Mais l'équipe du Comité international olympique chargée de procéder à ces examens trouve leurs chambres vides en arrivant au village olympique, alors que ces deux sportifs étaient censés s'y trouver. Car selon le règlement, tous les athlètes doivent en permanence informer du lieu où les officiels peuvent les trouver. Prévenus de la présence des contrôleurs, ils auraient tenté de rejoindre le plus rapidement possible le Village en empruntant la moto de leur entraîneur, Christos Tzekos. Mais ils auraient alors été victimes d'une chute, puis transportés dans un établissement spécialisé dans le traitement des accidentés de la route situé dans le nord d'Athènes. Ce récit rocambolesque est celui qu'ont livré plusieurs officiels grecs sommés d'expliquer l'absence des deux sportifs au contrôle, puis leur disparition. A quelques heures de la cérémonie d'ouverture, ils étaient d'ailleurs toujours hospitalisés pour soigner diverses ecchymoses et traumatismes dus à la chute. L'hôpital dans lequel ils ont été admis avait en effet estimé qu'ils ne pourraient pas quitter l'établissement avant 48 heures. Dans la foulée, le Comité international olympique décidait de leur accorder un délai de 72 heures pour se présenter devant une commission d'enquête chargée de recueillir leurs explications. Thanou et lui ne participent donc pas aux épreuves.

26/01/2006 : Accusés de dopage pendant les Jeux d'été d'Athènes, les athlètes grecs Costas Kenteris et Katerina Thanou connaîtront bientôt leur sort. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a annoncé qu'il examinerait leur cas les 22 et 23 février.

14/02/2006 : La deuxième audition par le Tribunal Arbitral du Sport (le TAS) des sprinteurs grecs Kostas Kenteris et Ekaterini Thanou a été reportée à une date ultérieure. Initialement prévue le 22 février au siège du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne, celle-ci est déplacée à cause notamment de la démission du président de la formation arbitrale Me Yves Fortier. En effet, l'avocat canadien est accusé par la Fédération grecque d'athlétisme et par les deux athlètes d'être au centre d'un conflit d'intérêt.

15/05/2006 : Kostas Kenteris et Ekaterini Thanou n'ont pas obtenu la clémence du Tribunal arbitral du sport. Le TAS a refusé la levée de la suspension temporaire infligée par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). Cette décision du TAS fait suite à une première audience, tenue les 14 et 15 octobre dernier à Lausanne. La prochaine audience a été fixée au 26 juin. Elle devrait durer 2 à 3 jours.

14/12/06 : Costas Kenteris envisage sérieusement d'effectuer son grand retour lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008. La suspension de deux ans dont il avait fait l'objet suite à une tentative rocambolesque d'échapper à un contrôle antidopage avant le début des Jeux d'Athènes en compagnie de Katerina Thanou, prend fin le 22 décembre et à cette occasion, le sprinteur grec a décidé de sortir de sa réserve. «Je ferai tout ce que je peux afin d'être prêt pour Pékin, affirme ainsi Costas Kenteris dans l'édition de décembre du mensuel grec Status. C'est pour cette raison que je ne courrai peut-être pas en 2007. Avant les Jeux de 2004, j'avais décidé que ce 200 mètres (à Athènes, ndlr) serait la dernière course de ma carrière. Mais vu la tournure des événements, je pense que cela vaut la peine d'essayer encore.»  Le médaillé d'or sur 200 mètres à Sydney ne parle pas, en revanche, des suspicions de dopage qui entourent son cas, même s'il reconnaît avoir «commis des erreurs. Par exemple, j'ai fait confiance à certaines personnes à qui j'ai donné du pouvoir, et je n'aurais pas dû.» Aujourd'hui âgé de 33 ans, il sait que son âge ne joue pas en sa faveur pour un retour au plus haut niveau, mais il veut encore croire en ses chances. «Je suis prêt à courir contre le temps, dit-il. J'ai 33 ans mais je veux simplement courir de nouveau. Ma plus grande victoire sera juste de pouvoir m'agenouiller sur la piste, derrière la ligne de départ.» 

24/09/07 : Et un nouveau report, un. Le procès pour «parjure» de Kostas Kenteris et Ekaterini Thanou a été renvoyé au 19 juin par le tribunal correctionnel d'Athènes, alors qu'il avait déjà été repoussé une fois en janvier dernier. La sanction était tombée du côté de la Fédération internationale (IAAF), avec une suspension de deux ans qui a expiré le 22 décembre 2006, mais la justice, elle, n'a encore jamais tranché. Outre le délit de parjure, Kostas Kenteris et Ekaterini Thanou doivent désormais répondre devant un tribunal de «fausse déclaration», ainsi que d'incitation de médecins à commettre des «manquements au devoir» et de «faux certificats». Leur ancien entraîneur, Christos Tzekos, doit lui aussi comparaître, tout comme deux médecins. Kenteris n'a jamais repris la compétition.

30/10/07 : Accusés depuis un article du San Jose Mercury News publié en 2004 d'avoir été en relation avec le laboratoire BALCO, qui fournissait la THG à l'origine de la chute de Marion Jones, Ekaterini Thanou et Kostas Kenteris ont de nouveau nié avoir été en lien avec l'entreprise de Victor Conte. Leurs avocats ont surtout précisé que l'enquête demandée par la justice grecque après les révélations du quotidien californien a été refermée il y a quelques jours. Elle n'aurait pas permis de procéder à des poursuites. Alors que les deux athlètes avaient avoué s'être soustraits à plusieurs contrôles inopinés avant les JO d'Athènes, où leur accident de moto avait fait grand bruit, ils «nient toute implication dans l'affaire BALCO», a répété l'avocat Nikos Kollias, cité par l'agence Reuters. Ni l'un, ni l'autre n'a jamais fait l'objet jusqu'à aujourd'hui d'un contrôle positif. Néanmoins, cette conférence de presse organisée pour répondre à des questions soulevées par la presse grecque a été marquée par l'évolution du discours de leur ex-entraîneur. Alors qu'il niait jusque là connaître la moindre personne impliquée dans le scandale BALCO, Christos Tzekos, suspendu quatre ans par la Fédération grecque pour son implication dans l'affaire des contrôles ratés, a reconnu avoir fréquenté le chimiste Patrick Arnold, considéré comme le créateur de la THG. «J'ai été un peu en relation avec lui dans le cadre des activités sur les compléments alimentaires (nutritional supplements activity)», a déclaré Tzekos. Le procès des deux coureurs et de leur ancien entraîneurs pour l'affaire de l'accident de moto (lors de leur fuite présumée pour échapper à un contrôle) n'a pas encore eu lieu. Et l'affaire n'est pas prête d'être refermée puisque Thanou pourrait hériter de la médaille d'or du 100 m des JO de Sydney suite à l'invalidation de la victoire de Marion Jones.

19/06/08 : Le tribunal correctionnel d'Athènes a reporté le procès pour parjure de Kostas Kenteris et Ekaterini Thanou. C'est la troisième fois que les deux athlètes y échappent, cette fois aux motifs que Kenteris était «malade», selon ses avocats, tandis que Thanou participait à une compétition à l'extérieur du pays. Une nouvelle audience a été fixée au 5 février 2009.

Date de dernière mise à jour : 02/07/2021

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