Juillet 2009 : Gary Kikaya

Interview réalisée le 7 juillet 2009 :

« C'est ouvert pour la troisième place. »

Ses 44"10 réalisés en 2006 lors des Finales Mondiales à Stuttgart font de lui le détenteur du record d'Afrique et le meilleur « non-Américain » de l'histoire sur 400m. Peu connu du grand public, Gary Kikaya sera pourtant parmi les prétendants au podium à Berlin. Entre deux meetings, il a accepté de répondre à quelques questions. Interview. 

Gary, quel est ton état de forme actuel ?

J'ai vu le kiné hier. Ça va, je suis en forme. Je ne suis pas encore à 100%, mais je peux m'entraîner comme je veux.

Quel est ton programme pour les prochains jours ?

Je cours à Rome vendredi, puis à Athènes lundi. Ensuite, je vais au Nigéria. J'ai été invité pour un meeting, en tant que recordman d'Afrique. Je ne serai donc pas à Paris.

La concurrence est plus importante à Paris, mais j'ai déjà participé à quatre meetings Golden League. Et j'irai peut-être à Bruxelles et à Zurich ensuite. Cela dit, j'aime beaucoup le meeting de Saint-Denis. C'est le plus grand meeting de Golden League, là où il y a le plus de public.

Comment se passe ta sélection pour les championnats du monde à Berlin ?

Il n'y a pas de championnats nationaux au Congo. Je suis automatiquement qualifié pour Berlin sur la base de mes résultats de l'an dernier. J'étais descendu sous les 45 secondes.

Quel sera ton objectif à Berlin ?

Je vise la finale. Une fois en finale, tout est possible. Jeremy Wariner et Lashawn Merritt sont les deux grands favoris, mais c'est ouvert pour la troisième place.

Penses-tu que Wariner soit toujours aussi dangereux ? Il a semblé prenable à Pékin...

C'est vrai mais il est toujours très fort. Il a l'expérience. En plus, il est retourné avec son ancien coach (Clyde Hart, NDLR). Il est plus fort mentalement. Je pense que Merritt est le favori mais on ne sait jamais. Et à part Wariner, je suis le seul à avoir battu Merritt plusieurs fois... C'était en 2006.

Ton record d'Afrique date de 2006 justement. Penses-tu être capable de le battre cette année ?

Si je ne me blesse pas, c'est possible. J'étais encore jeune en 2006. Depuis, j'ai changé. Je me suis marié. Je ne suis plus le même mentalement.

Tu t'entraînes tout seul. Ce n'est pas trop difficile ?

Parfois, surtout l'hiver. Mais je suis discipliné. Un ami m'aide et prend mes temps quand j'en ai besoin. Et je me sers des cahiers avec mes programmes d'entraînement des années précédentes. Je répète les mêmes choses chaque année.

Raconte-nous ton parcours jusqu'à maintenant.

Je suis né au Congo. Quand j'avais dix ans environ, je suis parti en Afrique du Sud avec ma famille. J'y ai vécu dix ans. C'est là que j'ai commencé l'athlétisme. J'ai ensuite obtenu une bourse pour partir étudier aux Etats-Unis. Pour résumer, j'ai passé dix ans de ma vie au Congo, dix en Afrique du Sud et dix aux Etats-Unis.

Tu as donc pu bénéficier des mêmes structures d'entraînement que les athlètes américains...

Oui. Les Etats-Unis sont un grand pays. Il y a beaucoup de talents. Ceux qui participent aux grands championnats sont vraiment les meilleurs parmi les meilleurs. Le niveau est lié au système tout entier. Les coachs, les stades, les salles de musculation, tout est vraiment très bien. Les compétitions entre universités sont sponsorisées par Nike et Adidas. Tout est fait pour aider les athlètes. J'ai pu profiter de tout ça.

Après le Congo, l'Afrique du Sud et les Etats-Unis, destination Londres à présent ?

Oui. Mon père est ambassadeur du Congo là-bas. Cela me permettra d'avoir un chez-moi en Europe. Ces jours-ci, je suis à La Haye, aux Pays-Bas, dans l'appartement d'un ami, mais d'habitude, je vais d'hôtel en hôtel. Je suis en Europe pendant trois mois et c'est parfois difficile. Une fois que j'aurai arrêté l'athlétisme, j'aimerais aussi passer un ou deux ans en France...

Pourquoi avoir choisi le 400m ?

À l'école primaire, je faisais de tout. Toutes les distances du 100 au 800m. Un coach m'a un jour conseillé de me concentrer sur le 400m. C'est là que j'étais le meilleur. Je ne l'ai jamais regretté. Mais je vais descendre sur 200 l'année prochaine. Le 400 demande trop de travail. Ça ne marche plus pour moi. J'ai plus de 30 ans maintenant et je pense que le 200 m'ira mieux.

Biographie de Gary Kikaya

Noter cette page

9/10 sur 5 votes

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 28/09/2009
Copyright © 2007-2010 athletesmondiaux.com